Comme tout plus belle chose, la vie a prévu d'y semer quelques petits désagréments.
Ma petit fifille, tu nous as fait vivre durant ta dernière nuit dans ta chambre de clinique une nuit des plus Rock'n Roll. Bon Scott face à toi aurait pu se rhabiller en terme de décibels. Et puis que faire lorsque tu t'es gavée du lait maternel ? Que faire lorsque ta crise de hoquets est passée ? Que faire lorsque l'arme fatale number 5 ne marche plus (pas si fatale que ça tout compte fait ...) ? Et bien la sage femme que nous avons sorti de son sommeil à 4 du mat nous a dit : "Rien".
J'ai failli l'étrangler celle là. Pour avoir ce genre de conseils, je préfère me retrouver à la maison, dans ta chambre, devant ce grand miroir me donnant l'image de mon incapacité à te rassurer et hocher les épaules. Elle est pas bonne celle là ...
Finalement ta mère a pris le relai et l'épuisement aidant, tu t'es écroulée dans ses bras en ronflant.
A la fin de cette épique, j'ai compris que tout Droit était accompagné de devoir. Là je parle de devoirs de patience et d'indulgence.
Durant toute cette longue nuit j'ai pensé à toi avant. Avant de te retrouver dans les mains de Madame de Docteur. Je me suis dit qu'entre nous trois tu étais celle dont la capacité d'adaptation était la moins développée. Tu es passé d'un état aquatique à un état aérien. Tu étais nue et tout recroquevillée sécurisée par cette poche comme un périmétre de sécurité. Tu te retrouves vêtue avec une couche, pouvant promener tes membres ici et là sans aucune limite si ce n'est celui de te mouvoir dans l'espace. Quel Choc. Je te decerne la médaille du meilleur temps d'adaptation dans notre famille.
Standing Ovation.
A tes parents d'accepter les devoirs qui s'imposent.