
Reprendre l'écriture après un évènement soudain et douloureux n'a pas été facile. Il m'aura fallu du temps, et j'espère qu'un jour, tu comprendras que chaque émotion, douce ou douloureuse a besoin d'être non pas acceptée, mais plutôt assimilée dans la vie de tous jours.
Il s'en est passée des choses dans ta vie de bébé durant ces dix derniers jours. Je suis parti sur Paris le premier jour de ton adaptation à la crèche. Et pendant plus d'une semaine, ton temps de présence n'a cessé d'augmenter chaque jour. Jusqu'au cinquième où les responsables de la crèche nous ont annoncé que tu étais apte à avoir ta place chez eux. Ton premier bulletin, en somme , et avec mention, nous a rendu fier. C'est parfois concombre un papa et une maman. Mais en réfléchissant bien, et sans vouloir dévaloriser ton aptitude, la crèche c'est un peu comme une école privée post bac. Les parents paient et s'étonnent avec une certaine fierté naïve de l'aptitude de génie de leurs enfants à intégrer une section...
Ceci dit, et ce n'est pas pour me rattraper de ma naïveté que je reconnais, ta capacité d'adaptation est impressionnante. Tu ne chouines pas, tu n'as pas de crises de nerfs lorsque nous te laissons (avec un pincement au cœur) dans les bras des Caroline et autres adorables Aurélie.
Tu as même cette aptitude à parler toute seule et à t'inventer des petites histoires.
La seule trace de ce nouveau mode de vie pour toi se fait sentir dans la nuit. Depuis que tu as intégré la prestigieuse crèche du 8ème, tu te réveilles en pleine nuit et tu réclames de l'attention parental. Au début, nous pensions qu'il fallait te nourrir. Et puis nous avions pigé qu'avec de tels réflexes, tu pourrais tomber dans le travers de te réveiller chaque nuit et d'attendre passivement que le biberon arrive sur un plateau d'argent. Stop le biberon de lait et début des caresses et longs monologues rassurants qui tiennent sur des pages entières pour que tu puisses te calmer et te rendormir. Un jeu fatigant mais tellement bon. Car, du fait que tu aies été pris dans la crèche, nous te voyons peu. Nous nous rattrapons donc durant ces jeux de nuit improvisés.
Tu vas pouvoir enfin te baigner dans l'eau de mer et celle de la piscine. un grand moment que j'attends avec impatience et qui aura lieu ce week end. On a prévu d'immortaliser le moment. Je vais faire le bruit du dauphin (pas de moquerie, les lecteurs, merci). et on mettra la musique du "Grand Bleu" (ceux qui me connaissent bien, apprécieront ce flash back)...